La grille

Six axes, et ce que chacun examine — nommément.

La grille complète est publiée ici, critère par critère. Elle est la table des matières du rapport livré : les numéros que vous lisez sont ceux des chapitres, et ceux qu’on cite en réunion.

Cadre

Une grille de relevé, pas une grille de notation.

La différence tient en une phrase : nous allons voir. Un questionnaire adressé au management restitue ce que le management croit ; un relevé restitue ce qui se passe. La quasi-totalité de ce qui suit demande d’ouvrir quelque chose — un dépôt, un journal, une console d’administration — ou de parler à quelqu’un qui n’est pas au comité de direction.

Ce qui coûte cher dans une diligence, ce n’est pas l’analyse. C’est d’aller voir.

Ce que nous ouvrons

Le dépôt, les journaux, les consoles, les contrats

Accès en lecture au dépôt de code et à son historique, statistiques d’usage des outils auprès des fournisseurs, journaux d’exécution des automatisations, dix premiers contrats clients en valeur, registre des traitements. La liste des accès demandés est remise au premier jour : elle est courte, et elle est la même sur tous les dossiers.

Qui nous écoutons

Le comité de direction, puis les autres — séparément

Six à douze entretiens selon le périmètre, dont la moitié hors présence de la direction. L’écart entre les deux récits n’est pas un incident de parcours : c’est l’une des mesures les plus utiles de la diligence, et elle figure comme telle dans le rapport.

Ce que nous ne faisons pas

Ni audit de sécurité, ni test d’intrusion, ni évaluation

Nous relevons l’état de la sécurité tel qu’il se lit — gestion des secrets, contrôle des accès, incidents connus — et nous nous arrêtons là. Un test d’intrusion est un autre métier, avec un autre cadre contractuel. Nous ne produisons pas non plus de valorisation : nous produisons ce qui doit peser dessus.

Axe 01 · Risque

Le code est-il un actif, ou un passif déguisé ?

Ce qui est réellement propriété de la cible, ce qui est loué, ce qui tient debout et ce qui tient à une personne. Et la question de 2026 : quelle part de cette base a été générée par une IA sans que personne la relise.

Sortieprix · garanties

Un bilan porte les licences achetées et les développements immobilisés. Il ne dit rien de ce qu’ils valent. Une application maison peut être le premier actif de l’entreprise ou sa première dette, et les deux se ressemblent beaucoup de l’extérieur : elles font la même démonstration.

Nous ouvrons le dépôt. Nous regardons l’historique des contributions, la couverture de tests, les dépendances et leur fraîcheur, ce qui est documenté et ce qui ne l’est que dans la tête de son auteur. Nous cherchons ce qui casse au départ d’une personne, parce que c’est le risque qui se matérialise le plus souvent dans les douze mois qui suivent une acquisition.

Et nous posons la question que nous sommes fondés à poser : quelle part de cette base a été écrite par une IA, et relue par qui. Ailix développe en code assisté par IA tous les jours — c’est le métier du groupe. Nous savons à quoi ressemble une base produite vite et jamais reprise : elle fonctionne à la démonstration, elle est cohérente en surface, et elle cède au premier changement d’exigence. En 2026, une cible dont le produit a été construit en dix-huit mois par deux personnes mérite cette question, et presque personne ne la pose.

Ce que cet axe examine
  • Propriété intellectuelle réelle : contrats de cession des développeurs et des prestataires, code sous licence libre et obligations qu’il entraîne.
  • Dette technique mesurée, et non estimée : couverture de tests, âge et fraîcheur des dépendances, vulnérabilités connues non corrigées.
  • Concentration du savoir : qui a écrit quoi, ce qui est repris par plus d’une personne, ce qui ne l’est par personne.
  • Part de code généré par IA, profondeur de relecture, et zones où l’absence de relecture se voit.
  • Sécurité : gestion des secrets, contrôle des accès, exposition des environnements, traces d’incidents.
  • Reprenabilité : un autre prestataire peut-il reprendre ce système, et en combien de temps.
Axe 02 · Risque

Qu’est-ce qui tourne vraiment, et que se passe-t-il quand ça casse ?

Les scénarios n8n, Make, Zapier ou Power Automate en production, les scripts dans le classeur d’une seule personne, l’informatique parallèle que la direction ne connaît pas.

Sortieprix · plan

Une entreprise de quarante personnes fait souvent tourner deux cents automatisations dont la direction en connaît vingt. Elles ont été construites par des gens compétents qui résolvaient un problème réel, et elles marchent. Le risque n’est pas qu’elles soient mauvaises : il est qu’elles soient invisibles, non documentées, et suspendues à un compte personnel.

Nous les inventorions une par une : ce qu’elles font, sur quoi elles sont branchées, qui les a écrites, qui les maintient, ce qui s’arrête si cette personne part ou si son compte est désactivé. C’est un travail de relevé, pas d’expertise, et c’est pour cette raison que personne ne le fait : il demande d’aller voir, pas de raisonner.

La conclusion est presque toujours la même, et elle ne figure sur aucun bilan : une part des marges de l’entreprise repose sur une infrastructure que personne n’a décidée et que personne ne pilote. Ce n’est pas nécessairement grave. C’est toujours à savoir avant de signer.

Ce que cet axe examine
  • Inventaire des scénarios en production, par plateforme, avec leur fréquence d’exécution et leur taux d’échec.
  • Propriété des comptes : automatisations rattachées à un compte nominatif plutôt qu’à un compte de service.
  • Dépendance à une personne : ce qui s’arrête, et sous combien de jours, si l’auteur quitte l’entreprise.
  • Coût réel des abonnements, y compris les abonnements payés sur note de frais.
  • Fiabilité : journalisation, alertes en cas d’échec, procédures de reprise.
  • Informatique parallèle : outils en usage qui n’apparaissent dans aucun contrat de la data room.
Axe 03 · Risque

La cible a-t-elle le droit de faire ce que le plan suppose ?

La matière première de toute automatisation : ce qui existe en historique, ce qu’il vaut, et les engagements contractuels qui en interdisent l’exploitation.

Sortiegaranties · plan

Le potentiel chiffré de l’axe 6 suppose des données. Cet axe-ci vérifie qu’elles existent, qu’elles sont exploitables, et surtout que la cible a le droit de s’en servir pour ce qu’on projette d’en faire.

C’est ce dernier point qui surprend. Une entreprise de services accumule depuis dix ans des données produites pour le compte de ses clients, et ses contrats-cadres lui interdisent souvent de les exploiter à d’autres fins — a fortiori pour entraîner ou alimenter un modèle. La clause tient en trois lignes au milieu d’un contrat que personne n’a relu depuis la signature, et elle peut annuler la moitié du plan de création de valeur.

L’examen approfondi de la conformité — registre des traitements, classement des systèmes d’IA, écarts chiffrés — fait l’objet d’un module distinct, décrit sur sa propre page. Cet axe-ci en pose les fondations et signale ce qui doit y être creusé.

Ce que cet axe examine
  • Ce qui existe en historique, sur quelle profondeur, et dans quel état de complétude.
  • Qui alimente chaque source, à quelle fréquence, et qui garantit sa fraîcheur.
  • Clauses clients restreignant l’exploitation des données, en particulier pour l’entraînement de modèles.
  • Transferts hors Union européenne, et sous-traitants ultérieurs non déclarés.
  • Données personnelles conservées au-delà de leur durée annoncée.
  • Points appelant un approfondissement par le module conformité.
Axe 04 · Risque

Le métier de la cible survit-il à l’IA sur votre horizon de détention ?

Chaque ligne de revenu notée selon ce que l’IA lui fait : elle la banalise, elle la laisse indifférente, ou elle la renforce. C’est le seul axe qui touche la thèse d’investissement.

Sortieprix · thèse

C’est l’axe le plus important, et il n’est pas technique. Un acquéreur qui paie huit fois l’EBITDA raisonne sur cinq à sept ans. Sur cette durée, la question n’est pas de savoir si l’entreprise a une dette technique : c’est de savoir si le service qu’elle vend aura encore un prix.

Nous prenons le chiffre d’affaires ligne par ligne — par service, par type de client, par nature de prestation — et nous notons chacune sur trois positions. Banalisée : le travail facturé est en train de devenir une fonctionnalité, et le prix suivra. Indifférente : le travail dépend d’une relation, d’un actif physique, d’un agrément ou d’une responsabilité que l’IA ne prend pas. Renforcée : la position de la cible devient plus forte parce qu’elle détient une donnée, une distribution ou une confiance que l’outillage nouveau valorise.

La notation est argumentée ligne par ligne, avec ce qui la ferait changer d’avis. Elle ne prétend pas prédire : elle expose une exposition, et c’est ce dont un comité d’investissement a besoin pour arbitrer. Une part exposée importante n’est pas un motif de renoncer — c’est un motif de payer un autre prix, ou de faire du plan de transformation une condition et non une option.

Ce que cet axe examine
  • Décomposition du chiffre d’affaires par nature de prestation, et non par client.
  • Part du revenu adossée à du travail dont le coût marginal s’effondre.
  • Barrières réelles : agrément, responsabilité engagée, actif physique, relation de long terme, donnée propriétaire.
  • Pression déjà observable sur les prix, sur les volumes, ou dans les appels d’offres récents.
  • Position des concurrents qui ont déjà bougé, et ce que leur mouvement révèle.
  • Ce qui ferait changer la notation, dans les deux sens.
Axe 05 · Valeur

Les équipes passeront-elles le cap ?

Un plan de transformation parfait échoue sur des gens qui ne l’absorbent pas. On mesure l’usage réel, les relais internes, la posture de l’encadrement intermédiaire.

Sortieplan · garanties

C’est l’axe que personne n’examine, et c’est celui qui décide si le plan 100 jours produit quelque chose ou reste un document. Il ne se mesure pas en licences achetées : il se mesure en licences utilisées, et l’écart entre les deux est souvent de l’ordre de quatre pour un.

Nous regardons qui se sert des outils déjà en place et à quelle fréquence, qui a construit quelque chose de sa propre initiative, comment l’encadrement intermédiaire en parle — c’est lui qui fera passer ou échouer le plan, pas le comité de direction. Nous relevons la rotation des équipes concernées, parce qu’un plan de dix-huit mois s’appuie sur des gens qui seront encore là.

Et nous cherchons l’usage clandestin : les salariés qui utilisent des outils d’IA sans autorisation. Il se lit dans les deux sens, et c’est ce qui en fait l’indicateur le plus utile de la diligence. C’est un risque — des données de l’entreprise sont sorties chez un tiers, parfois depuis deux ans, et cela peut devenir un sujet de garantie. C’est aussi le meilleur signal d’appétit qui existe : dans une entreprise où personne n’a rien essayé en cachette, le plan de transformation coûtera trois fois plus cher en conduite du changement.

Ce que cet axe examine
  • Usage réel des outils en place : comptes actifs rapportés aux comptes payés, fréquence, profondeur.
  • Initiatives spontanées : ce que des salariés ont construit sans qu’on le leur demande.
  • Posture de l’encadrement intermédiaire, relevée en entretien et non déclarée par la direction.
  • Rotation et pyramide des âges des équipes que le plan mobiliserait.
  • Usage clandestin d’outils d’IA : ampleur, nature des données concernées, ancienneté.
  • Relais internes identifiables : les personnes sur qui le plan 100 jours peut s’appuyer, nommément.
Axe 06 · Valeur

Combien l’IA peut-elle ajouter, en euros et en mois ?

Les processus automatisables classés par gain annuel et par difficulté, chacun avec son coût de mise en production, son délai, et la condition qui doit être remplie pour démarrer.

Sortieplan · thèse

C’est le chiffrage que l’acquéreur inscrira dans son modèle, et c’est pour lui qu’il achète la diligence. Il est produit selon la même méthode que les audits du groupe, à ceci près qu’il est écrit dans la langue de l’opération : contribution à l’EBITDA, calendrier sur les vingt-quatre premiers mois, et ordre de bataille du plan 100 jours.

Chaque chantier porte quatre choses : le gain annuel attendu, le coût de mise en production, le délai, et la condition qui doit être remplie pour qu’il démarre. Quand le coût dépasse le gain, c’est écrit, et le chantier ne part pas. Un chiffrage où tous les chantiers sont rentables n’est pas un chiffrage, c’est une plaquette.

Les hypothèses sont exposées et séparées des constats. Un acquéreur doit pouvoir refaire le calcul avec ses propres hypothèses : c’est la seule façon qu’un chiffrage a d’être discuté en comité plutôt que cru sur parole.

Ce que cet axe examine
  • Relevé des processus tels qu’ils tournent, avec leurs reprises manuelles et leurs exceptions.
  • Temps réellement passé, mesuré ou reconstitué, et coût chargé correspondant.
  • Gain annuel attendu par chantier, avec l’hypothèse qui le porte, exposée séparément.
  • Coût de mise en production, délai, et condition de démarrage.
  • Chantiers écartés, et le motif de leur écart.
  • Séquence recommandée pour les cent premiers jours, et ce qu’elle suppose de disponible.
Débouchés

Trois cases, et un constat qui n’atterrit nulle part n’est pas écrit.

C’est la règle de rédaction du rapport, et c’est ce qui le distingue d’un état des lieux. Un acquéreur n’achète pas six axes examinés : il achète de quoi négocier, de quoi faire rédiger, et de quoi exécuter.

Axe Ce qu’il pèse Où le constat atterrit
01 · Actifs logiciels Le code est-il un actif, ou un passif déguisé ? prix · garanties
02 · Automatisations Qu’est-ce qui tourne vraiment, et que se passe-t-il quand ça casse ? prix · plan
03 · Données et conformité La cible a-t-elle le droit de faire ce que le plan suppose ? garanties · plan
04 · Exposition du métier Le métier de la cible survit-il à l’IA sur votre horizon de détention ? prix · thèse
05 · Capacité d’absorption Les équipes passeront-elles le cap ? plan · garanties
06 · Potentiel chiffré Combien l’IA peut-elle ajouter, en euros et en mois ? plan · thèse

Vous voulez savoir ce que cette grille donnerait sur votre cible ?

Vingt minutes suffisent à dire si l’angle porte quelque chose sur ce dossier · Réponse sous 24 h

Demander un appel deal